Photo du mois
Matinée d'échange "Feutre de laine" à Basse Enhaive - octobre 2007

 

Sous les projecteurs : Pascale Vandenavenne

 

Animatrice et gérante du Centre  « Arc-en-ciel » de Virton

Passeuse d'art indépendante

- Si vous deviez faire un rêve éveillé, quel serait-il ?

I have a dream... J'aimerais me réveiller dans un monde sans rentabilité, logique économique, actionnaires... Je rendrais à tout le monde le temps de vivre, de rêver, de créer... et aux enfants de se construire. Je supprimerais toutes les croyances. Nous mettons tant de temps avant d'être libre.

 

Et votre pire cauchemar ?

Etre sûre de moi, me prendre au sérieux, le transmettre.

 

Et que sont devenus alors vos rêves d’enfants ?

C'est avec mes enfants que ma véritable enfance est arrivée. J'ai appris à jouer, à faire des choses pour rien, juste pour le plaisir. Je me suis vraiment construite au contact des enfants, et principalement des miens. Maintenant, il n'est pas rare de me voir glisser sur un toboggan, jouer sur mon ordinateur, regarder des dessins animés ; je n'ai pas de souvenirs de ça avant mes 25 ans.

 

 - Pensez-vous que tout le monde puisse être artiste ?

Bien sûr, nous sommes tous des artistes potentiels...

 

Vous revendiquez-vous comme tel (l’êtes-vous alors ?)

Oui, je suis capable de m'exprimer de manière originale et de me mettre à nu par la création... De là à être une bonne artiste ?

Je ne suis pas assez volontaire pour ça, je n'y travaille pas de manière acharnée. Je n'ai donc aucune chance d'être un jour l'auteur d'une oeuvre majeure. Je n'en ai de toute façon aucune envie.

 

- A quoi associez-vous la créativité (en 3 mots, pas de phrase) ?

Liberté, estime de soi, temps pour soi.

 

- Quelqu’un a dit : « Le goût est l’ennemi de la créativité ».

  Qui selon vous ? Partagez-vous son point de vue ?

Je ne sais pas... Peut-être Warhol, il se moquait des gens qui achètent des peintures pour les assortir aux rideaux. Pour ma part, je ne crois pas au "bon goût". Mais si ici le goût est synonyme d'esthétique, je pense que "la créativité" peut nourrir ou tuer l'art; ça dépend de comment elle est utilisée.

 

- Animer, c’est pousser à agir, douer de mouvement, donner l’impulsion…

  C’est tout ?

Créer les conditions favorables à l'émergence de quelque chose. Ce que je souhaite transmettre, c'est la capacité de se libérer, d'oser être soi-même face à la "feuille blanche". Je suis persuadée que si chaque adulte était encore capable de faire ça, le monde tournerait plus rond.

 

- Quels sont alors pour vous les qualités requises de l’animateur ?

Etre passionné, disponible et, comme dans tous les métiers de service, douter.

 

Les avez-vous ?

J'essaie.

 

- Animateur hier, aujourd’hui… Animateur toujours ?

Actuellement, je passe plus de temps dans mon bureau que sur le terrain mais qui vivra verra... J'ai déjà été photographe, prof, restauratrice...

Artiste, en tous cas, sûrement toute ma vie; je ne crois pas être capable de regarder le monde autrement.
Animatrice, passeuse d'art,... pour moi ce n'est pas si important; l'important c'est d'être utile.

 

- Que pourrait être un « tchodjouk » selon vous ?

Un outil à désembourgeoiser les bourgeois, l'oeuvre d'un désoeuvré, l'art d'être artiste... ou toute autre chose qui a tant de sens qu'elle a tout perdu !